De l’attractivité à la fidélisation, du bien-être à la cohésion des équipes, l’action sociale revêt une multitude de facettes dont s’emparent de plus en plus les collectivités territoriales. Les expériences, partagées le 15 octobre à Gentilly, ont été particulièrement évocatrices… et inspirantes !
Demandes et contraintes en progression
Principal opérateur du secteur, le CNAS avec son million de bénéficiaires se caractérise par un modèle mutualisateur et redistributeur « basé sur une cotisation fixe par agent et une offre unique couvrant tous les moments de leur vie, notamment lorsqu’ils connaissent des difficultés » a rappelé Laurent Le Peniec, directeur général adjoint du CNAS, en ouverture de cet événement. Modèle qui nécessite une répartition des aides finement équilibrée « pour satisfaire les besoins de tous, en toute situation. »
Le secteur de l’action sociale connaît une croissance des budgets alloués par les collectivités et des demandes de prestations par les agents, dans un contexte de finances locales tendues. Conséquences ? « L’action sociale devient réellement partie intégrante de la rémunération, de l’attractivité et de la fidélisation des agents, poursuit Laurent Le Peniec, et les exigences des structures adhérentes sont plus marquées. »
À cela s’ajoutent d’autres contraintes comme la protection des données personnelles, la cybersécurité ou le traitement social et fiscal des prestations.
« La gestion de l’action sociale se complexifie et conduit les collectivités à se tourner davantage vers des acteurs nationaux comme le CNAS. Demain, cette tendance va probablement s’intensifier et entraîner un mouvement de concentration des acteurs de l’action sociale. » Laurent Le Peniec, DGA du CNAS
L’action sociale dans la mécanique RH
Pour toucher un maximum d’agents, l’action sociale doit être intégrée à l’ensemble des politiques RH des collectivités. À ce titre, Laetitia Allut, directrice des départements Emploi et Prévention du centre interdépartemental de gestion de la Grande Couronne, préconise de « répertorier et centraliser au sein des fonctions RH toutes les formes d’action sociale à disposition — prestataire, amicale, mutuelle… — afin d’informer et d’orienter les agents. »
Le conseil départemental de la Seine-Saint-Denis s’appuie sur un bureau de l’action sociale « qui permet un lien et une réorientation avec les équipes de médecine préventives et de l’accompagnement psycho-social, témoigne Marie Condaminet, cheffe du service Prévention et action sociale. Cette organisation permet une pluridisciplinarité sur les situations individuelles et sur les collectifs de travail. »
« Il est important d’avoir un levier de pilotage global de ces politiques dans la structuration des directions RH. Les services Santé et Qualité de vie au travail, comme celui d’Antony, portent ces politiques, animent le réseau RH et sont des espaces de coordination de plus en plus centraux. » Sylvie Vernier, DRH de la ville d’Antony (92)
Agents et organisations syndicales de la communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise (95) ont été associés à l’élaboration du Pacte sociale 2024-2026, document d’orientation sur les enjeux RH. « Une trentaine d’actions prioritaires ont été retenues, explique Arnaud Malherbe, directeur des ressources humaines. Parmi elles : le CNAS pour tous, sans obligation d’adhérer à l’amicale du personnel, l’augmentation de la participation à la mutuelle et à la prévoyance, la création d’un guide de la parentalité, et un dispositif d’urgence pour des agents en situation de rupture d’hébergement. »
Utilisation des prestations : les relais à mobiliser
Pour accroître le recours aux prestations d’action sociale, Marie Condaminet et Sylvie Vernier mettent l’accent, en complément des moyens de communication interne, sur « l’aller vers » à travers des forums et des permanences ouverts aux agents, des réunions d’accueil de nouveaux arrivants… « Les enjeux de médiation sociale sont plus importants aujourd’hui, en ce qui concerne les modalités d’accès aux prestations, l’accès au logement, en particulier pour les jeunes agents, et l’accompagnement des familles » observe la directrice d’Antony.
Sa consœur de Seine-Saint-Denis confirme le rôle majeur des représentants du personnel, « présents auprès des agents des sites déconcentrés ; il est donc important qu’ils connaissent les prestations et sachent orienter des agents. » L’agglomération de Cergy-Pontoise s’appuie sur son amicale du personnel et une chargée de l’action sociale au sein de la DRH. Laetitia Allut (CIG Grande Couronne) suggère quant à elle de « relayer l’information via les travailleurs sociaux de la collectivité ou du secteur. »
Bien-être et cohésion d’équipe : l’expérience de Clichy
L’action sociale, englobée dans une démarche globale de qualité au travail, peut aider à fidéliser « des agents très mobiles en Île-de-France » observe Alexandra Tissot-Pages, directrice des ressources humaines de la ville de Clichy-la-Garenne (92). À la place du restaurant administratif, sa collectivité a opté pour des titres-restaurant, l’aménagement d’un espace détente avec bibliothèque et frigo connecté (repas frais, variés, équilibrés) et les conseils d’une diététicienne.
Le sport est aussi un vecteur de bien-être… et de cohésion des équipes. La commune des Hauts-de-Seine propose à ses agents, matin, midi et soir, des séances animées par des éducateurs dans deux salles équipées d’appareils spécialisés (tapis de course, vélos, rameurs…).
« Dans l’élan des Jeux olympiques, notre objectif était de mieux communiquer en décloisonnant les métiers et se sentir bien dans son corps. Ces activités sont de plus en plus appréciées des agents. » Abdel Guermouch, DGS de la ville de Clichy (92)
