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Philippe Laurent : « L’action sociale est devenue un enjeu majeur pour les employeurs territoriaux »

Philippe Laurent, maire de Sceaux (92), est administrateur du CNAS

31 août 2015 — Philippe Laurent, maire de Sceaux (92) et président du Conseil Supérieur de la Fonction Publique Territoriale (CSFPT), est également président de la délégation des Hauts-de-Seine du CNAS et administrateur national du CNAS.
Il nous livre son point de vue sur la place de l’action sociale pour le personnel territorial dans ce contexte de mutations profondes de la société et de l’action publique locale.

Face à l’impact sur le personnel de la réforme territoriale en cours, quel rôle peut jouer, selon vous, l’action sociale pour les agents territoriaux ?

Philippe Laurent : L’action sociale a désormais pris une place importante dans les politiques de gestion des ressources humaines des collectivités locales, du fait de la loi de 2007 et grâce aussi au rapport pionnier qu’a rédigé et adopté le CSFPT dès 2006. Le contexte conforte en outre les ouvertures permises par la loi. En effet, les agents territoriaux, comme d’ailleurs les employeurs, sont désormais face à une instabilité quasi chronique, d’où une incertitude, une inquiétude au sujet de laquelle les syndicats nous alertent. À ces évolutions territoriales complexes s’ajoutent des questions statutaires, elles aussi inquiétantes : le point d’indice sera-t-il revalorisé l’an prochain ? Quel espoir de promotion dans le cadre d’une carrière longue ? Quelles garanties dans le cas d’une mobilité « contrainte » ? Autant de questions sans réponse précise. Dans ce contexte global, on comprend l’importance réelle, mais aussi psychologique, que revêt l’action sociale pour les agents. Les situations précaires se multiplient, les espoirs de promotions se raréfient : l’action sociale conduite par les employeurs constitue donc un « filet de sécurité » précieux pour les agents. L’action sociale est ainsi devenue un choix stratégique, un enjeu majeur pour les employeurs territoriaux.
L’an dernier, le CSFPT a souhaité faire un premier bilan de l’application de la loi de 2007. On a alors constaté l’implication croissante des collectivités avec l’appui d’organismes compétents tel que le CNAS, pour formaliser les termes et les moyens de cette action. Ainsi, l’action sociale est désormais centrale dans la gestion des ressources humaines, et constitue un facteur non négligeable d’attractivité pour les agents.

Quelle sera la place accordée à l’action sociale dans le prochain Livre Blanc sur la FPT qui sera édité par le CSFPT ?

P. L. : Nous avons lancé ce projet de Livre blanc car nous sommes en début de mandat. Il nous apparaissait nécessaire de faire le point sur toutes les questions que le CSFPT a traitées et les propositions qu’il a déjà élaborées. Un bilan s’impose pour prioriser les travaux et définir ensemble les principaux enjeux de la fonction publique territoriale de demain. Dans ce cadre, et compte tenu du contexte évoqué ci-dessus, il est bien évident que l’action sociale et ses nécessaires évolutions auront une place importante dans le dossier, comme d’ailleurs la protection sociale complémentaire. Mais je ne peux naturellement présumer aujourd’hui du choix des membres du CSFPT, élus et organisations syndicales, qui proposeront ces priorités début 2016.

Comment envisagez-vous l’avenir des fonctionnaires territoriaux dans le cadre des réformes en cours et dans un contexte marqué par le gel du point d’indice et la baisse des dotations aux communes ?

P.L. : C’est la question la plus importante et c’est pourquoi nous avons décidé de faire ce Livre blanc : trop d’incertitudes pèsent sur les agents et sur les employeurs. Les collectivités locales assument désormais l’essentiel des services publics de proximité dans un contexte social très difficile. La fonction publique et ses agents sont les acteurs permanents et professionnels du service public. Sans eux, la vie quotidienne, de nos concitoyens serait encore plus difficile et la cohésion sociale serait en péril. On le voit d’ailleurs dans les zones rurales désertées par les services publics : c’est tout leur équilibre qui est menacé, y compris la sécurité. Dans ce cadre, le projet — porté par la ministre de la Fonction publique — de revalorisation globale des carrières (dit « PPCR ») est intéressant et peut ouvrir des perspectives améliorées.
Pour autant, si les élus comprennent le sens de cette revalorisation, ils doivent aussi garantir l’équilibre des dépenses de fonctionnement face à des ressources en forte diminution. Et ils considèrent aujourd’hui que l’enjeu n’est ni comptable, ni gestionnaire : c’est un vrai enjeu de société. Que voulons-nous demain dans notre pays ? Et voulons-nous conserver une organisation de la société avec une forte mutualisation des risques et des fonctions collectives assurées par le service public, plutôt que par des organisations communautaires ou purement privées ? Aux Français de choisir. À condition qu’on leur pose la question clairement !
Et pour finir, notez que je me réjouis que le personnel de la ville de Sceaux bénéficie du CNAS !

— Entretien publié dans Vivre le CNAS n°36 (pdf-1,02 MB)